Un préalable au sacrement de réconciliation

 

La réception fructueuse du sacrement suppose un minimum de dispositions intérieures exprimées par la prière de contrition. Regret et désapprobation de ses propres pratiques, désir de changement, voire réparation des torts déjà réalisée ou envisagée... Pardon imploré auprès de celui que l'on a blessé, démarche faite ou acceptée de se réconcilier avec lui... Ceux qui viennent célébrer le sacrement attestent donc un déjà vécu, expérimenté, un déjà donné, car le travail de contrition et de réconciliation dans le cœur de l'homme est œuvre de l'Esprit de Dieu. Leur démarche s'inscrit dans la même logique que celle évoquée dans le livre du Deutéronome au chapitre 26.

Ceux qui célèbrent le sacrement attestent que l'Esprit a déjà commencé en leur cœur et en leur vie le travail de la conversion évangélique, et donc ils sont «déjà-pardonnés, déjà-réconciliés». Mais alors, pourquoi la nécessité d'une célébration, d'un sacrement? Parce qu'une expérience de pardon, de guérison, de renouvellement n'est pleinement vécue dans la foi que si elle peut s'épanouir en action de grâce à celui qui en est la source. Ce que suggère le cœur travaillé par l'Esprit a besoin de prendre forme dans une parole et une prière à celui qui pardonne: Jésus, Fils de Dieu sauveur, aie pitié de moi pécheur. » Et cela pour entendre et rencontrer la Parole de l'autre, de celui qui seul peut libérer et pardonner: «Tes péchés sont pardonnés, va et ne pèche plus.»

Il en va de même dans nos relations. Tant que nous n'avons pas donné forme à nos demandes de pardon et d'excuse pour les blessures occasionnées à autrui, et tant que nous n'avons pas entendu de sa bouche, vu dans son regard et compris dans son geste qu'il nous pardonne, nous ne pouvons continuer de vivre en alliance avec lui. Telle est en profondeur l'expérience du péché : l'expérience d'une pauvreté, d'une dépendance à reconnaître et à formuler, d'une demande à faire et d'une attente. Le pécheur s'en remet entre les mains de l'autre qui seul peut le libérer, rouvrir un avenir à la relation commune. Moment de bonheur intense que de recevoir cet avenir.

Ils étaient dix lépreux à avoir été guéris. Un seul est revenu rendre gloire à Dieu. Un seul a entendu la Parole «Relève-toi, ta foi fa sauvé» (Lc 17, 19). La confession dans la célébration du sacrement, malheureusement réduite à l'aveu, est d'abord confession de louange et reconnaissance d'habiter un pays de réconciliation. Elle est confession de foi et reconnaissance d'habiter la foi des Pères qui ont cru au Dieu de l'Alliance. Elle peut alors être confession des péchéset reconnaissance que la fidélité à cette Alliance ne s'est pas ajustée à la fidélité de Dieu. La célébration n'est donc pas une fin de parcours ni un brevet d'autosatisfaction légale ou morale, mais l'assentiment de ceux qui confessent le don de Dieu à l'imiter et à vivre de sa vie. Elle protège ceux qui célèbrent contre les risques de croire qu'ils sont eux-mêmes la source de leur propre justice. Elle les invite à regarder non pas leur propre personne, leur idéal de vie, leurs valeurs ou leurs règlements, mais Dieu qui les sauve et les aime en son Fils.

Le sacrement s'appuie sur le don reçu, la réconciliation vécue, et en rend grâce. Elle ouvre l'existence à des pardons toujours à reprendre « soixante-dix fois sept fois», au fil des jours, au gré des contextes inédits qui vont se présenter dans le parcours de chacun.


A ne jamais oublier !

Éléments essentiels de la pénitence sont :

contrition, confession, satisfaction, absolution.