C'est toujours Dieu qui pardonne et son pardon est toujours là. Il ne pardonne pas davantage à un moment qu'à un autre. Mais nous avons à nous mettre sous le pardon de Dieu et notre démarche est en même temps acte personnel (contrition) et acte de la communauté (célébration rituelle). Tout se passe dans la solitude du face à face avec Dieu et tout se passe dans une confession de foi au pardon de Dieu.

La réconciliation est un appel

La réconciliation demeure toujours une conduite bilatérale : Dieu ne peut pas nous réconcilier si nous ne voulons pas. Il a besoin de notre acceptation. C'est pourquoi dans la bouche de Paul la proclamation de la réconciliation se prolonge en une supplication solennelle, en une adjuration : «Au nom du Christ, nous vous en supplions, laissez-vous réconcilier avec Dieu !» Dieu s'est tourné vers nous le premier, nous devons répondre, avec la grâce qu'il nous donne d'ailleurs pour le faire, en nous tournant vers lui, par une dynamique de conversion. Le mot de conversion veut dire « se retourner vers ». Mais la réconciliation avec Dieu est inséparable de la réconciliation avec nos frères et de la réconciliation avec soi-même.